XXVIème Festival
24 - 28 mai 2017
Le Festival de Martin
Photos Martin Voisin
Programme
Vendredi 17 mai

 21 h – Salle Malesherbes
Ouverture – Hors concours

 Le Malade Imaginaire, de Molière
Comédie de la Mansonnière  (Maisons-Laffitte) 

Samedi 18 mai

14 h 30 – Salle Malesherbes
 Très chère Afrique, d'après le journal de Jean-Pascal Meyer
L'arbre à Cage (Paris) 

17 h 30 – Ancienne Eglise
L'Amant, d'Harold Pinter
Compagnie Démons et Merveilles (Paris)

21 h – Salle Malesherbes
Equus, de Peter Shafer
Compagnie Grains de scene (Bougival)


Dimanche 19 mai


14 h 30 – Salle Malesherbes
Terriblement Molière, d'après Molière
Les Enfants Terribles (Paris) 

17 h 30 – Ancienne Eglise
Huis-Clos, de Jean-Paul Sartre
Les Masques Vésinétiens  (Le Vésinet)

21 h – Salle Malesherbes
Théâtre ambulant Chopalovitch, de Loubiomir Simovitch
La Trappe (Orsay)

Lundi 20 mai


14 h 30 – Salle Malesherbes
Mademoiselle Else, d'Arthur Schnitzler
Compagnie Malafesta 


17 h 30 – Ancienne Eglise
Un gramme de lumière, de Lillian Lloyd
Top fragile (Paris)

21 h – Salle Malesherbes
Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor
Le Trille BLanc (Rueil Malmaison)

Le Jury
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Marc Fayet, Comédien, Auteur et metteur en scène né en 1961. Molière de la révélation Masculine 2003 pour son rôle dans « Un petit jeu sans conséquence » de Gérald Sibleyras et Jean Dell. Nommé comme auteur Contemporain en 2005 pour « Jacques a dit ». Auteur également de « L’un dans l’autre » et «Il est passé par ici » mises en scène par José Paul. Co-Metteur en scène de « La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute » Textes de Pierre Desproges interprété par Christian Gonon à la Comédie Française.

Anne Florey : Comédienne, réalisatrice, formatrice. Formée au cours René Simon et  au studio34, à la Commedia Dell’ Arte avec Carlo Boso et aux Ateliers Varan, pour le Cinéma Documentaire. Crée et codirige le Zinc Théâtre avec Gilbert Rouvière.  Joue au Théâtre sous la direction de Gilles Bouillon, Luc- Antoine Diquero, Robert Cantarella,  Georges Werler, Sacha Pitoeff…tourne avec David Barouk, Michel Favard, Christophe Izard, Pierre Barouh…Elle réalise plusieurs films documentaires, produit des émissions de télévision et anime des émissions de radio. Elle est professeur à l’école Polytechnique et intervient en Théâtre en Entreprise.

Bernard Nissile : acteur, scénariste et réalisateur. Diplômé d’une une licence de droit, il est reçu en 1987 à l'école du Théâtre des Amandiers de Nanterre, dirigé par Patrice Chéreau et Catherine Tasca. Il joue au Théâtre (Amandiers, Odéon, Chaillot, etc.), au cinéma(le coût de la vie, la Reine Margot, OSS 117,…) et à la télévision. Réalisateur de Bête de scène, film sur le théâtre, qui lui vaut de nombreuses sélections (New York Film Festival, Locarno), et prix (Angers 1995 meilleur court métrage européen, Villeurbanne 1995)

Marine Reiland : Comédienne et metteur en scène. Formée au cours Florent, elle joue au théâtre (Ivanov d'Anton Tchekhov, Mein Kampf (Farce) de George Tabori, Morts, création de Pauline Rambeau de Baralon, et On Purge (Bébé) ! de Georges Feydeay, et aux Amandiers sous la direction de Jean-Louis Martinelli.

Jeanine Fournier Bouillo : Enseignante retraitée, Jeanine pratique le théâtre  amateur pendant une dizaine d’années (1976- 1986). Elle rejoint Festhea en 1986 (2èmefesthea), dont elle devient présidente en 1997. Habituée du jury de Maisons-Laffitte, elle a aussi participé aux jurys des Festivals de Kiev et de Tanger.

Les partenaires
La Comédie de la Mansonnière remercie chaleureusement

La Municipalité de Maisons-Laffitte, et son Député Maire, Jacques Myard, pour son indéfectible confiance depuis 20 ans

Le Conseil Général des Yvelines, et Joël Desjardins, conseiller Général, pour sa fidélité constante depuis les origines (du festival, bien entendu…)

La Société Générale, pour son soutien précieux et lui aussi particulièrement fidèle

Clarins pour donner, grâce sa généreuse dotation en maquillage, des couleurs aux comédiens du festival!

L’hôtel Ibis et sa Directrice, Anne Py, pour avoir permis au jury de ne pas se nourrir que de beaux spectacles, et de se reposer de ses exaltantes journées

Yvelines Première, pour avoir assis la notoriété du festival

L’association Parole Caracole qui nous a accompagné avec le  journal du festival :  
www.parole-caracole.biz/
 
Et enfin Festhéa, le Festival National de Théâtre amateur de Tours, sans qui rien de tout ceci n’aurait existé !
Vidéo du Festival - Edition 2013

 
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22ème Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte

17 - 20 mai 2013

 

Palmares

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Cheval d'or 

Un gramme de lumière de Lillian Lloyd – Top Fragile
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Prix du Conseil Général des Yvelines

Equus – Compagnie Grains de Scène
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Coup de coeur du Jury

Théâtre ambulant Chopalovitch – La Trappe

Très Chère Afrique – L’Arbre en Cage

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Prix d'interprétation masculine

Lillian Lloyd pour le rôle de Harvey Pierce dans Un gramme de lumière

Anthony Salmero pour le rôle d’Alfred Vaillant dans Un gramme de lumière

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Prix d'interprétation féminine

Julie El Haïk pour son rôle dans Equus

Juliette Dutent pour le rôle de Mademoiselle Else
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Prix du Public

Equus – Compagnie Grains de Scène
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Prix du collège Jean Cocteau

Equus – Compagnie Grains de Scène

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Vendredi 17 mai - 21 h
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Ouverture – Hors concours

Le Malade Imaginaire, de Molière

« Comment, coquine, si je suis malade ? Si je suis malade, impudente ? »
Dernière comédie écrite par Molière, l’histoire d’Argan, Malade Imaginaire, ne se présente plus ! Aimé sincèrement par ses filles, il est convaincu d’être maître chez lui. Mais il est manipulé par ses médecins et apothicaires, floué par sa femme, la fatale Béline, admonesté par son frère, le sage Béralde, et enfin bousculé par Toinette, sa sémillante servante – qui le remettra finalement dans le droit chemin…
 
« Car quand un Maître ne sait plus ce qu’il fait, une servante bien sensée est en droit de le redresser ».
 
Tous publics, 1 h 30

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Quelle idée mais quelle idée de reprendre la pièce finale de Molière comme pièce d'ouverture du festival ! Est-ce une façon de retranscrire la continuité du théâtre malgré la mort du célèbre auteur ?
 
Et quelle interprétation ! Un Argan atteint de scénophilie aiguë qui nous met dans tous nos états ; une Toinette à réveiller les morts ; une Béline qui fait grimper notre température avec sa fièvre de l'or ; une Angélique et un Cléante malades d'amour ; une Louison un peu fébrile de par sa voix qui manque de force, mais dont le potentiel scénique est avéré ; un M. Purgon qui donne le vertige de par la hauteur de son ego ; un M. Diafoirus (qui fait étrangement penser à un certain M. Purgon !) qui, s'il n'est bigleux, doit être atteint de mythomanie ; son fils bien portant qui nous coupe le souffle par le rire (certains diront qu'il bafouillait et qu'on ne comprenait pas tout ce qu'il disait. Tiens ?
Ce n'était pas fait exprès ?) ; un M. Bonnefoy qui a des vapeurs ; et un M. Fleurant qui essaie de mettre la pression ! (mais le scénario ne le permetpas).

Cette pièce est du vu, du revu, du re-revu... Mais soudain, survint Sébastien Biessy et sa mise en scène inventive ! Un décor minimaliste mais diablement efficace : des rideaux à tout faire, car lui seul sait faire avec des rideaux une porte et du linge à la fois ! Un trône central rouge sang, des poufs, et même du chant... Et de bons acteurs qui nous ont fait trembler d'extase sur nos sièges ! C'est grave docteur ? Nenni, ce sont juste les symptômes d'une bonne pièce !

 Antoine Lebreton


Samedi 18 mai, 14 h 30, Salle Malesherbes
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Très Chère Afrique,
d'après le journal de Jean-Pascal Meyer


L'Arbre en Cage (Paris)



Imaginez Freetown, une ville assombrie par la misère et la poussière. Une ville où personne ne viendrait y mettre les pieds…Pourtant, un jeune Parisien y est envoyé pour remplir dignement sa mission, consistant à sublimer les qualités de la « Green Card American Express ». Dans ce voyage parsemé d’embûches cérébrales, il est accompagné de deux compères lunaires qui vont tenter de lui ouvrir les yeux, afin de découvrir la tendresse et le charme africains.

 Adultes et adolescents,  1 h 15

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La scène s’éclaire, les rires fusent.
Dans un décor de bric et de broc, digne du plus inventif recyclage africain, deux mimes ébouriffées bafouillent des syllabes incompréhensibles.
« D’un vol plané de caddie» le narrateur est transporté à Freetown, et confronté à la plus profonde des misères. Il subit sa conscience. « Avec ton soleil de pauvre tu souris, moi je culpabilise ».

Son monologue enlevé, vivant, sarcastique est adouci par les interventions répétées des deux clowns poètes.  Mimes, ombres chinoises, danses et musiques choisies sont applaudis.  Tout vient à propos, y compris les instants complices avec le public.

J’ai été émue par la musique du « Nouveau Monde ».  Moment de gravité.  Belle performance des trois acteurs de la troupe «  L’Arbre en Cage » des personnages forts et bien campés. Un grand merci.

Annie Hanquet
 
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Margaux Meyer est une créatrice : de notes écrites par son père en Afrique, elle a tiré une pièce sensible et déjantée, qui évite de culpabiliser le spectateur. L'acteur habite son rôle cynique. Rappeur de ses ruminations, brûlant tel un rockeur, l'Afrique le ronge. Deux complices animent son monologue avec audace. Clowns, poètes, elles invitent à la rencontre. La joie nous gagne. Ils font corps, la trame se tisse. Nos rires claquent à la face de la peur. Mimes et danses nous envoûtent. Créations de recup´ jouent le décor : caddy, trottinette, cage en tulle, poncho de carton.
 
Des ombres chinoises font voler notre imaginaire vers la réalité de l'Afrique. La performance est stimulée par The Who, Mozart, accordéons slaves, pas de musique africaine. Choix voulu. Ovations enthousiastes. Merci d'ouvrir nos cœurs.

Frédérique Daudon
Samedi 18 mai, 17 h 30, Ancienne Eglise
Le théâtre de l'Amant, d'après la pièce d'Harold Pinter

Compagnie Démons et Merveilles - Paris

Un huis clos  sous forme de jeu  pour un couple marié confortablement installé dans une vie aisé et tranquille. Dans ce quotidien que rien ne bouleverse survient un jour -on ne sait plus quand - la présence d'un amant, signalé dès la première réplique…

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Faut-il être un mari ou un amant ? Pas facile de répondre à cette question.

Deux comédiens  prennent possession de la scène et de son mobilier transformable, et rentrent dans l’univers des amants de Pinter.  Richard et Sarah sont mariés depuis dix ans. Un amant vient bouleverser leur quotidien. Les dialogues sont fluides.

Suivant les personnages dans leur routine de jeux amoureux – Mari Femme - Amant Femme - Mari Putain - le public se demande si chaque acteur joue plusieurs personnages dans la pièce et finit par comprendre que ce sont les personnages qui jouent différents rôles.  Les acteurs passent avec aisance d’un rôle à l’autre.  Le public se laisse entraîner dans leur histoire, et aurait aimé qu’elle continue plus longtemps.

Mais imaginons un peu leur avenir dans dix ans.

Fabrice Petit Galland
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Un jeu dans le jeu nous fait entrer dans l'Amant d’Harold Pinter, pièce aux situations libertines ambigües. La qualité et la fluidité du jeu des acteurs
génèrent des sourires.  Les dialogues sont courts et percutants. Sur scène, la lumière accompagne les acteurs dans un décor minimaliste dans leurs activités aux différentes heures.

Les personnages se livrent à des jeux charnels en changeant régulièrement de personnalité. La pièce nous met parfois mal à l'aise, les silences en disent en long et la sonnette retentit comme la conscience qui s'éveille face aux situations ibertines. Le spectateur découvre peu à peu la personnalité des amants à travers les changements de ton. A la fin la pièce nous dévoile la réalité.

Une représentation en remarquable adéquation avec le texte, sensible et mémorable !

Marie Monique Julienne

Samedi 18 mai, 21 h - Salle Malesherbes
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Equus, de Peter Shafer

Compagnie Grains de Scène (Bougival)

Qu'est-ce qui a poussé Alan Strang, adolescent de 17 ans, à crever les yeux de six chevaux? Un psychiatre, le docteur Dysart, va tenter par tous les moyens d'élucider le mystère qui entoure l'acte terrible engendré par le jeune garçon, pour qui, étrangement, le cheval est un animal qu'il a en adoration. S'engage alors un duel passionné et passionnant dominé par la figure fantasmatique d'Equus, le dieu-cheval dont Alan a fait son maître et son esclave. Cette oeuvre, inspirée d'un fait divers authentique est construite comme un puzzle dont les morceaux se mettent lentement en place.
 
Adultes et adolescents – 2 h
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Une expérience à vivre, au fil de l’émotion.

J’ai été, deux heures durant, hypnotisée, Dés le début, la présence silencieuse de la troupe sur scène apporte la note d’humanité qui m’invite à plonger en moi.  Alan Strang impose sa présence étrange ; enfermé dans son monde intérieur, il scande de manière répétitive, contrastant avec la sensibilité de Martin Dysart qui sert admirablement son rôle d’écoutant.

La mise en scène joue la carte de l’authenticité, résonance de la qualité du lien intime tissé entre le médecin et son patient, la simplicité du décor, support d’un jeu d’ombres et de lumières subtil valorise élégamment ce texte magnifique sur la fragilité humaine. Le choix de l’humanisation des chevaux, donne une signification symbolique forte à la scène finale.

Siloë Aupetit
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Une audace maîtrisée

Six acteurs, assis sur des cubes gris mat, attendent à l'arrière-scène, miroir du public.  De l'obscurité surgit la voix du médecin Martin, magistrale, que va venir bousculer celle d'Alan, l'adolescent meurtrier.  Le premier, sûr de lui, habillé de noir, le second, tee-shirt rouge, ne maîtrise ni ses pulsions ni ses répulsions.

Le décor est planté : Madame La Juge, imposante en rouge et noir, confie Alan au médecin mais peu à peu tout bascule : le cabinet devient plage ou manège au gré du récit de Martin, les acteurs jouent les chevaux, la scène déborde dans la salle, le jeu statique devient ronde effrénée, la musique douce se fait violente …

Ce soir, la Compagnie Grains de Scène a réussi un coup de maître : un équilibre incroyable entre audace et retenue, avec des acteurs degrande qualité.  

Véronique Deschard
Dimanche 19 mai, 14 h 30 - Salle Malesherbes
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Terriblement Molière, d'après Molière

Les enfants terribles (Paris)

C'est à la quatrième représentation de sa dernière pièce, que Molière adresse une lettre au plus royal des spectateurs, Louis XIV, pour l'inviter à venir voir cette dernière comédie. En rédigeant cette lettre, il se souvient des plus belles comédies qu'il va nous laisser sans imaginer qu'elles seront encore représentées plus de 300 ans après sa mort avec toujours le même succès. Cette création nous permet d'avoir un aperçu de l'étendue de l'œuvre de Molière et montre combien cet auteur reste toujours d'actualité à travers  les divers thèmes qu'il a pu aborder en son siècle comme l'hypocrisie, l'avarice, les relations amoureuses. Scène après scène, on pose un regard sur des grandes comédies en vers, des farces ou même des tragi-comédies. Tout en gardant une unité, ce spectacle propose un voyage guidé par Molière lui-même à travers les mœurs de son siècle et du nôtre.
 
Arlequin de Bronze au Festival de Cholet
 
Tous publics – 1 h 30

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« Molière pour vous servir, mon cher Roi ».

Une brume, un brouillard, un Artiste sort de la nuit.

Nous voilà pris dans un voyage dans le temps, revisitant, de sketch en sketch, l’œuvre de Molière admirablement mise en scène par Vincent Messager : va‑et‑vient incessants, changements de costumes, de décors, interprétations caméléons, nous nous fondons dans le décor, comme vous
Monsieur Molière avec votre œil critique, torturé, indécis. Tenus en haleine par cette mise en scène serpentine et dynamique.

L’amour, le couple, l’hypocrisie, thèmes universels, nous font vibrer grâce à vos interprétations.

« Terriblement Molière » rétrospective pleine d’énergie de votre œuvre à travers cette lettre au Roi.

Tel un battement de cœur universel, le rideau se ferme, la musique explose en nous.

Merci pour ce pétillant moment.

Johanna Leroux

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Entre tuberculose et disgrâce royale

Molière rend du sang, il va rendre l'âme, il rend son amertume dans une lettre à Louis XIV dont la lecture par bribes ponctue l'enchaînement des extraits de 12 pièces.
Dans les coulisses  on imagine la valse transformiste des costumes.
D'entrée de jeu deux Précieuses ridicules enguirlandées de vapeurs éthyliques ébranleraient les certitudes d'un public pourtant averti. Le rythme
d'abord un po' lento va accelerando jusqu'au final excellentissime.
Des rires d'enfants fusent quand la femme bat son mari. Alors Scapin met définitivement le public dans sa poche en fourrant son maître dans un sac pour une  bastonnade sportive...Tous les comédiens sont à leur place et à la hauteur de l'engagement physique requis.

Françoise Bernardi
Dimanche 19 mai, 17 h 30, Ancienne Eglise
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Huis-Clos, de Jean-Paul Sartre

Les Masques Vésinétiens

La pièce comporte quatre personnages : Garcin, Inès et Estelle et le «garçon d’étage». Ils se rencontrent pour la première fois. En se posant la question : «Pourquoi est-on ensemble ?», Ils vont se découvrir, dans un univers neutre, où Il n’y a pas de miroir donc pas de rapport direct avec le paraître ; Le regard de soi est donné par les autres. La frontière entre la vie et la mort est mince. En apparence, les personnages sont vivants, cependant ils sont dans le monde des morts. Les jeux sont faits. Les trois personnages sont voués à l’immobilisme. Ils n’ont rien à faire et ne peuvent rien refaire…
 
Adultes et adolescents – 1 h 15
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Enfermés dans l'espace et le temps

Enfermés à jamais dans ce drame sans fin
Nous voici emmenés par quatre comédiens...
Bienvenue, cher public, en ce lieu infernal
Où l'espace et le temps ont déserté la salle
Où trois individus se trouvent condamnés,
Pour leur crime, à errer durant l'éternité.
Un lieu calme et serein tout empli de lumière
Où la nuit se refuse à toute apparition ;
Le silence se pose en cet étrange enfer
Alors que les acteurs déchainent les passions.
Masques Vénitiens, bravo et puis merci
Pour ces trois canapés et ces trois condamnés
Pour ce cycle oppressant qui jamais ne finit
Pour cet instant qui ne s'est jamais terminé...
Et puis tout recommence en étrange refrain
Enfermés à jamais dans ce drame sans fin...

Antoine Lebreton
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Quel lien peut réunir  Ines, Estelle et Garcin ?
Ils se voient pour la première fois. Un seul : le meurtre que chacun d’entre eux a commis. Chacun est emmené par un garçon d'étage à l’allure très
étrange et aux pouvoirs sans limite.

Nos trois personnages se retrouvent enfermés à l'intérieur d'une suite meublée de trois canapés de couleur. Pas de miroir et pas d’issue. Ils sont voués à se supporter.
Des êtres vivants, mais pourtant, ils sont bien morts.
« Je demande pardon » dit Garcin. Comment pardonner une fois en enfer ?

La mise en scène est accompagnée de jeux de lumière et d’une bande sonore bien orchestrés

Les trois comédiens font progressivement monter la tension et rendent leur histoire
crédible. La tension ne se relâche qu’au moment des rappels.

Fabrice Petit Galland



Dimanche 19 mai, 21 h, Salle Malesherbes
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Théâtre amublant Chopalovitch, de Loubiomir Simovitch

La Trappe, Orsay

L'action de la pièce se situe en Serbie occupée par les Allemands en 1942, mais ce qu'elle raconte est universel. La peur règne. Les comédiens d'une petite troupe de théâtre ambulant s’installent dans ce bourg occupé pour répéter et jouer. Deux mondes vont alors se confronter, la violence et les utopies. La pièce de Lioubomir Simovitch pose la question de la nécessité et du rôle du théâtre face à la souffrance d’une population en guerre. Définissons-la comme une fable sur l’utilité ou l’inutilité du théâtre dans un monde dominé par la réalité toujours cruelle et violente. Le théâtre ne gagnera jamais les guerres, mais il peut contribuer à changer le monde.

Prix de la ville d'Annecy - prix de la mise en scène - Festival des Escholiers. Annecy 2012

2 h – Adultes et grands adolescents
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Peut-on jouer à la guerre ? 

Deux mondes s’entrechoquent : la vie quotidienne sous la terreur dans une région occupée et la liberté d’une troupe de comédiens mus par le théâtre. Le décor composé de tréteaux de bois, assemblés de manière variable selon les lieux, une place publique, un commissariat, une rivière, une forêt, une cour, suggère les espaces plus qu’il ne les délimite clairement, ce qui accentue l’impression de fragilité et d’incertitude engendré par la guerre, et rappelle la frontière ténue entre le théâtre et le réel.

La mise en scène a pour atout un jeu d’acteurs excellent, mettant en valeur de nombreuses scènes à la fois très drôles et profondes, comme les altercations entre Blagogé le vieil ivrogne et Gina sa sévère mégère, brisés par cette guerre. Simca est un très beau personnage nuancé, sceptique et méfiante à l’égard de la troupe, mais qui néanmoins leur offre de partager son repas au cours d’une scène particulièrement émouvante.
Le bourreau, incarné avec une tension remarquable, suscite l’effroi et l’horreur dés son arrivée.
La scène qu’il joue avec Sophie est frappante de poésie.
Philippe, rêveur fou illuminé avec son épée de bois, dont les expressions du visage extrêmement convaincantes sont inoubliables, Vassili, passionné, patient et persévérant dans son projet de représentation, Sophie, pétillante et virevoltante qui flotte sur le quotidien, Elisabeth, fantaisiste à la verve irrésistible, incarnent parfaitement une troupe de comédiens, utopistes et aveugles à la misère qui les entoure.  

Siloë Aupetit

Lundi 20 mai, 14 h 30, salle Malesherbes
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Mademoiselle Else, d'Arthur Schnitzler

Compagnie Malafesta (Pantin)

Else, belle jeune fille de dix-neuf ans issue de la bourgeoisie viennoise des années 1900, est en séjour estival avec sa tante Emma et son cousin Paul. Elle reçoit une lettre de sa mère qui lui apprend de bien mauvaises nouvelles : le père d'Else, célèbre avocat, doit récolter 30 000 florins pour échapper à la prison. L'honneur de son père et de toute la famille est en jeu. La lettre est explicite : il faut demander la somme d'argent à Monsieur Von Dorsday, riche marchand d'arts qui séjourne dans le même hôtel qu'Else et qui par le passé avait déjà aidé son père. Von Dorsday est leur dernier espoir puisque ni sa famille ni son entourage n’acceptent de prêter cette somme. De plus, il y a urgence puisque les trente mille florins doivent être chez le procureur dans trois jours.  L'homme écoute sa demande et accepte de prêter l'argent à une condition: il veut la voir nue. Une « condition » qui ressemble terriblement à du chantage et qui bouleverse Else…

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Si seule …
Si seule avec sa jeunesse, son insouciance,
Si seule, sans argent, loin de ses parents

Au milieu d'une société frivole et guindée
Si seule, dans son pauvre manteau noir
En proie à ses cauchemars colorés
Abandonnée à sa conscience comme un dédoublement d'elle-même, en voix off

Au bord de la scène comme au bord du gouffre
Et pourtant, ils sont tous là, défiant les lois du temps et de l'espace :
Sa mère d'abord, en fond de scène, à mi-buste, qui lui écrit Paul, son cousin, ou bien est-ce le groom, prévenant ou bien n'est-ce que du théâtre ?
Von Dordsay, l'indispensable personnage, bien humain, trop humain ?

Un rien se prête au jeu, au rire léger :
Un piano en plein air, une cigarette non allumée,
Une somme d'argent dérisoire : un rien, vraiment ?

Et la revoilà, après avoir livré aux spectateurs son angoisse,
Son dégoût, son hystérie, son dénuement enfin 
La revoilà oui, plus seule que jamais,
Etendue dans son lit, avec son verre de Véronal …

Mademoiselle Else est morte mais une actrice talentueuse est née, et avec elle, la Compagnie Malatesta !

Véronique Deschard

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J’ai beaucoup aimé cette nouvelle de Schnitzler. Mais, comment adapter un monologue intérieur au théâtre ?

Mlle Else ? Je ne la voyais pas du tout comme ça. Et ce ton ? Mais en même temps, elle est crédible. Les costumes sont un peu décevants. Les décors,
épurés, mais fort heureusement intelligemment exploités et rehaussés par le jeu des lumières.

Oh, ces visions cauchemardesques, c’est absolument bluffant ! Notons, La Compagnie Malafesta, avec à sa tête le metteur en scène Giulio Serafini, a
relevé le défi avec une réelle hardiesse.

Mlle Else, vous m’impressionnez… Juliette Dutent nous plonge, grâce à son indéniable talent, dans les méandres des pensées de l’héroïne. La justesse du jeu est saisissante et fait ressortir, cela devient presque palpable, la profondeur psychologique et l’intemporalité de la prose de Schnitzler.

Muriel Macé

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Adultes et adolescents, 1 h 20
Lundi 20 mai, 17 h 30, Ancienne Eglise
Un gramme de lumière, de Lillian Lloyd

Top Fragile (Paris)

A dix jours de sa libération, Harvey Pierce, un homme d’une quarantaine d’année, enfermé 15 ans après un meurtre, essaie de s’échapper avant d’être repris par la police. Un acte déraisonné qu’Alfred Vaillant, son tout jeune avocat va tenter de comprendre tout au long d’entrevues tendues. Les deux hommes vont s’affronter et se manipuler pour découvrir une vérité à glacer le sang.

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Une table, deux chaises et en écho des portes en fer qui claquent « bruitent ».
Le décor : seules quelques notes de piano s’envoleront au final.

Rapidement, le rythme est époustouflant. Le public sursaute, surpris par la violence extrême et un jeu de scène débordant.

Les deux acteurs, de force égale, poussent leur personnage jusqu’à l’épuisement.
-       Harvey (joué par l’auteur), prisonnier cynique, brutal et … humain.
-       Alfred, avocat « naïf » et … calculateur.

Les répliques fusent, pertinentes, cinglantes, piquées d’humour.

Le texte subtil rebondit, bouscule, surprend, ballade et interpelle le spectateur.
Suspense garanti jusqu’au bout.

Quelle performance !

Une pièce renversante au propre comme au figuré !

Bravo !

Une fois de plus, Lilian Lloyd était au rendez-vous.

Annie Hanquet
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Un gramme de lumière. Lilial Lloyd est aventurier de l'extrême. Il s'est plongé corps et âme en milieu carcéral et nous offre une pièce puissante.

Le huis-clos jongle avec la manipulation, de la prison de la haine jusqu'à la libération du pardon.

Clarisse met en scène deux protagonistes enfermés dans leur culpabilité. Une bande noire au sol dessine les lieux pétrifiés sous une lumière bleu glacial ou blanc cru. Exercices physiques, tirades percutantes, Lilian retient la bombe prête à exploser en lui. Félin bondissant, Anthony a ce
gramme de folie pour allumer la mèche. Leurs visages et leurs corps vibrent sous la torture des émotions. Ils se frôlent, luttent à corps.

Le public souffre.

Soudain, l’assassin menaçant et l’avocat intrépide provoquent éclats de rires libérateurs, rejaillissant au long de la pièce.
Tambour et pianos furtifs renforcent les sentiments.

Sons de voix de gardiens ou d'enfants ouvrent une brèche vers l’extérieur.
Dans la profondeur du texte et de l'interprétation, le public a trouvé ce gramme de lumière qui l'éclairera longtemps.

Frédérique Daudon




Adultes et grands adolescents - 1 h 15
Lundi 20 mai, 21 h, salle Malesherbes
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Clôture - Hors concours

Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor

Le Trille Blanc (Rueil Malmaison)

« Le 12 Novembre 1932

Mon cher Martin,

Te voilà de retour en Allemagne. Comme je t'envie... Je n'ai pas revu ce pays depuis mes années d'étudiant, mais le charme d'Unter den Linden agit encore sur moi (…) Et voilà que maintenant on en a même fini avec l'esprit hobereau, l'arrogance prussienne et le militarisme. C'est une Allemagne démocratique que tu retrouves, une terre de culture où une magnifique liberté… »

Ainsi commence la correspondance entre Max Eisenstein, un marchand d’art juif vivant à San Francisco, et son ami et associé, Martin Schulse, retourné vivre à Munich avec sa famille…quelques semaines plus tard, le Président de la jeune République de Weimar, le vieux Maréchal Von Hindenburg, nomme Adolf Hitler à la chancellerie.

Cette pièce, tirée de la nouvelle « Inconnu à cette adresse » écrite par Kathrine Kressmann Taylor en 1938, est une œuvre théâtrale au caractère visionnaire qui décrit sans complaisance, tout en mêlant fiction et réalité, la montée irrésistible du nazisme puis la tragédie intime et collective de l’Allemagne nazie.

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D'une simple formule administrative Kressmann Taylor a fait un drame au dénouement impitoyable. Max pouvait il pardonner à son ancien ami Martin sa lâcheté ayant conduit sa sœur Griselle à la mort ?
L'auteur a décidé que non, et lui a fourni une arme redoutable : le système nazi lui même par le biais de la censure du courrier.

Aux airs de jazz américain empreints de légèreté et d'insouciance répond le rythme martial de la musique militaire allemande.
Le décor est abilement posé dès le début des échanges épistolaires entre les 2 amis.
L'ambiance devient de plus en plus étouffante au fil des échanges, que la mise en scène rend plus rapides à l'approche du dénouement, nous faisant percevoir la marche implacable vers le châtiment.
Le rythme qui s'accélère après la mort de Griselle donne de l'épaisseur au drame qui se noue.
L'émotion est présente sur scène et dans la salle lorsque la dernière lettre revient.

Prenons garde à «l'écume trouble» qui bien vite envahit les cœurs et les esprits.

Patrick NEYRAT
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Lieber Trille Blanc

Très chers Philippe et Yves, très cher Trille blanc
C'est avec tout mon cœur que j'ai vu votre pièce
Que j'espère revoir, vous avez ma promesse
Mais je ne peux que me languir en attendant...
Une larme a coulé sur ma joue infantile
Lorsque Max et Martin sont entrés dans la guerre
Qu'ils se sont déclaré, à un niveau civil
Et qui mena chacun dans les bras de l'enfer.
Un juif, un allemand, autrefois des amis
Qui furent séparés par l'ascension d'Hitler.
Lorsque Martin devint un sbire des nazis
Max a alors perdu l'équivalent d'un frère.
Par des jeux de lumière opposant les acteurs
On peut voir le fossé se creuser peu à peu
On ressent le chagrin, on ressent la douleur
Et on voit la distance créée entre eux deux...
Ils discutent par lettre, et guettent les réponses
Jusqu'à l'essoufflement de leur humanité
On ne sait plus vraiment à la fin qui s'enfonce
Plus profond dans la haine et la méchanceté
Puis on veut applaudir, mais le drapeau nazi
Est présent dans le fond, séparant ses victimes
Il en nait un malaise, on attend, tous assis
Qu'il s’efface enfin et qu'avec lui parte l'hymne...
Et puis voilà la fin, on ne sait plus vraiment
S'il nous en faut encore ou si cela suffit
La pièce était grandiose et on ressent l'effort
De deux acteurs qui jouent une pièce aboutie.
Merci vraiment encore à vous deux, chers acteurs
Pour cette dure pièce, imbibée de passion
Je vous salue bien bas. Votre humble serviteur
Théâtralement vôtre, Antoine Lebreton

(A Yves Chambert-Loir et Philippe Thourel)
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Le XXIeme Festival (photos: Joséphine Decré)
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